Une force militaire conjointe de 5 000 soldats au Sahel

Déc 26, 2025 | Afrique, Les rapports

Les régimes militaires du Mali, du Burkina Faso et du Niger ont officiellement lancé une force militaire conjointe de 5 000 soldats, présentée comme un mécanisme de défense collective inspiré du fonctionnement de l’OTAN, dans le cadre de l’Alliance des États du Sahel (AES). Cette initiative marque une rupture stratégique avec les dispositifs de sécurité régionaux existants en  de l’Ouest.

Objectifs sécuritaires

La nouvelle force vise principalement à :
• combattre les groupes armés terroristes actifs dans le Sahel (État islamique au Grand Sahara, JNIM),
• sécuriser les zones frontalières communes,
• mutualiser le renseignement, la logistique et les capacités militaires,
• répondre à toute intervention militaire extérieure perçue comme une menace.

Selon les autorités, la force disposera de unités terrestres, aériennes et de renseignement, avec une chaîne de commandement unifiée basée à Niamey, capitale du Niger.

Contexte politique et régional

La création de cette force intervient après :
• le retrait officiel des trois pays de la CEDEAO, qu’ils accusent d’être instrumentalisée par des puissances étrangères,
• la fin ou la réduction drastique de la coopération militaire avec la France et ses alliés occidentaux,
• l’échec des dispositifs sécuritaires précédents à endiguer la violence djihadiste.

Les juntes au pouvoir présentent cette force comme un outil de souveraineté sécuritaire, destiné à remplacer les interventions étrangères jugées inefficaces ou intrusives.

Portée stratégique

Cette force commune traduit une reconfiguration majeure de l’architecture sécuritaire en Afrique de l’Ouest, avec l’émergence d’un bloc sahélien autonome, politiquement et militairement aligné. Elle accentue également les tensions avec certains pays voisins, notamment le Nigeria, et avec les partenaires occidentaux.

Les analystes estiment que l’efficacité réelle de cette force dépendra de sa capacité à obtenir des financements durables, un équipement moderne, et une coordination opérationnelle effective, dans un contexte économique fragile.

Conclusion

La force de 5 000 soldats de l’AES constitue un tournant stratégique pour le Sahel : elle symbolise la volonté des régimes militaires de prendre en main leur sécurité, tout en s’éloignant des cadres régionaux et internationaux traditionnels. Son succès ou son échec aura des répercussions directes sur la stabilité de toute l’Afrique de l’Ouest.

Mots clés :#Sahel | Mali | militaire
Share This