Dans une évolution jugée particulièrement inquiétante, un rapport publié par un groupe d’experts rattaché au Conseil de sécurité des Nations unies a de nouveau attiré l’attention sur le danger grandissant que représentent les drones lorsqu’ils tombent entre les mains de groupes terroristes.
Selon ce document, on observe une coopération accrue entre les réseaux de “Daech” et ceux d’“Al-Qaïda” pour développer et exploiter cette technologie dans différents foyers de conflits à travers le monde.
Le rapport indique que les deux organisations continuent encore à s’appuyer essentiellement sur les armes légères et de petit calibre. Ces armes, souvent issues de trafics illicites ou de vols, circulent grâce à des réseaux criminels organisés qui facilitent leur acheminement.
Toutefois, le rapport révèle aussi une tendance préoccupante : les efforts concertés des deux groupes pour acquérir une expertise dans la fabrication et l’utilisation de drones, y compris de drones armés. Ces efforts passent par la mise en place de programmes de formation spécialisés et le recrutement de techniciens ou d’experts dans le domaine.
Du Yémen à l’Afrique de l’Ouest
Le rapport consacre un passage important au cas du Yémen, où “Al-Qaïda” a franchi un cap significatif. L’organisation est passée de l’utilisation de drones commerciaux facilement disponibles sur le marché à la conception de modèles plus sophistiqués, directement inspirés des drones employés par les Houthis.
Ce programme interne, décrit comme “avancé”, inclut notamment des drones équipés de mitrailleuses de calibre 12,7 mm. Ces engins ont déjà été déployés dans des attaques menées dans les gouvernorats d’Abyan et de Chabwa, ce qui confirme la montée en puissance de cette technologie dans les arsenaux terroristes.
En parallèle, en Afrique de l’Ouest, la menace ne cesse de croître. Le rapport souligne que le Mouvement de libération du Macina, affilié à la coalition “Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans”, a récemment obtenu des drones de petite taille. Ceux-ci sont utilisés non seulement pour la surveillance et la reconnaissance, mais également pour le largage de grenades artisanales. L’efficacité de ces opérations est renforcée par l’usage de caméras de haute précision et de systèmes avancés de géolocalisation, qui offrent aux combattants un avantage tactique non négligeable.
Impact sur les tactiques et coopération renforcée
Selon les experts, l’introduction des drones a considérablement modifié les tactiques de combat des organisations terroristes.
En leur permettant d’organiser des embuscades plus efficaces et de réduire le recours aux attaques directes contre les forces militaires, ces outils confèrent à ces groupes une flexibilité et une mobilité accrues sur le terrain.
Le rapport met en garde contre une possible généralisation de ces pratiques, qui pourraient compliquer encore davantage les efforts des armées régulières et des forces internationales de maintien de la paix.
Une menace internationale
Le rapport conclut en soulignant que les drones équipés de caméras de poursuite représentent “la menace la plus grave”. Ces dispositifs, en permettant une précision accrue, pourraient être transformés en armes pour des attaques-suicides ciblées, d’une efficacité redoutable.
Cette évolution risque de bouleverser l’équilibre des conflits dans plusieurs régions et de renforcer les capacités opérationnelles des groupes terroristes, tout en compliquant de manière significative les efforts déployés à l’échelle internationale pour lutter contre le terrorisme.
En d’autres termes, l’utilisation croissante des drones par “Daech” et “Al-Qaïda” marque une nouvelle étape dans la mutation des menaces terroristes. Elle illustre la capacité de ces organisations à s’adapter rapidement, à innover et à tirer parti de technologies modernes pour prolonger leur influence et accroître leur dangerosité dans un contexte international déjà instable.

