Sahel: Abou Walid al-Sahraoui neutralisé, la menace terroriste reste-elle élevée?

Oct 8, 2021 | Anti terrorisme, Les rapports

Les forces françaises ont annoncé avoir éliminé le chef de Daech au Grand Sahara (EISG), Adnan Abu Walid Al-Sahraoui, lors d’une opération lancée à la mi-août. Des responsables français ont qualifié la neutralisation de ce dernier d’étape et de réalisation majeure pour les forces françaises, qui combattent le terrorisme au Sahel. Cependant, cette réalisation ne signifie aucunement que Daech au Sahel est sur le point de s’effondrer. La mission des troupes en cette région devient encore plus complexe, notamment suite aux développements qui entravent la lutte contre le terrorisme. Il s’agit de développements à plusieurs niveaux, à savoir entre autres :

Les tactiques complexes visant à cibler les dirigeants d’al-Qaïda

La ministre française des Armées, Florence Parly, a précisé que la frappe française ayant ciblé Adnane Abou Walid al-Sahraoui « a été menée par la Force Barkhane en août 2021. Al- Sahraoui a succombé à ses blessures causées par la frappe qui était intervenue grâce à une manœuvre de renseignement de longue haleine mais aussi à plusieurs opérations d’arrestation de combattants proches d’Al-Sahraoui suite desquelles éléments de la force de Barkhane ont réussi à localiser de nombreux endroits possibles de son retranchement.

Depuis plus d’un an et demi, Adnan Abou Walid al-Sahraou était la cible « prioritaire » de la France et de ses alliés au Sahel. 

Adnan Abou Walid al-Sahraoui, qui était la cible « prioritaire » de la France et de ses alliés au Sahel, aurait trouvé la mort entre Ménaka, dans l’est du Mali, et l’autre côté de la frontière avec le Niger, dans la zone dite des trois frontières (Mali-Burkina, Niger) son principal champ d’action.

Cela signifie l’acquisition par les leaders de l’organisation de nouvelles méthodes de communication et des compétences particulières leur permettant de se cacher et de mener leurs activités loin de la force antiterroriste.

La large expertise en combats des leaders de ces organisations leur permet d’anticiper les plans et les tactiques des forces de sécurité grâce à l’expérience acquises lors de leur ascension au sein des organisations terroristes.

Né au Sahara Occidental, ancien membre et combattant dans les rangs du Front Polisario qui revendique l’indépendance, Al-Sahraoui était réfugié dans un camp du Polisario en Algérie. Il qui a rejoint le mouvement dit Armée populaire de libération sahraouie est diplômé d’une école militaire (Ecole Martyr al-Wali).

Selon plusieurs experts, Al-Sahraoui a rejoint les rangs des groupes terroristes armés en Algérie et a participé en 2011 à la formation du Le Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest. Ce mouvement était devenu célèbre notamment à travers l’enlèvement de deux Espagnols et d’un Italien en octobre 2011 dans un camp de réfugiés sahraouis près de Tindouf dans le sud-ouest algérien.

Des considérations sociales aident à assurer un incubateur qui leur permet de se cacher

L’échec des élites politiques africaines à gérer la diversité et les ressources, à construire l’État et à réaliser l’intégration sociale et à réaliser les aspirations des peuples africains outre et la faillite des politiques des gouvernements dépourvus de démocratie dans la modernisation des structures sociétales, qui ont encore des répercussions, ont multiplié les incertitudes sécuritaires dans la région, telles que l’intensification continue des conflits et les manifestations politiques, et les coups d’État militaires continus contre le système au pouvoir. Tous ces facteurs sapent les piliers de la sécurité intérieure et renforcent les sentiments d’incertitude et de méfiance des citoyens en la capacité des forces de sécurité au pouvoir et de leurs alliés à étendre leur pouvoir de sécurité.

En outre, l’intervention de forces étrangères devient une justification supplémentaire des groupes terroristes en ciblant des lieux publics ou le lieu de passage de cette force, provoquant la mort de civils.

Les chefs de groupes terroristes armés actifs au Sahel ont précédemment justifié leurs opérations terroristes comme une « réponse à la présence de forces militaires occidentales dans la région du Sahel, soulignant que sans la présence de ces forces, ils n’auraient pas eu recours aux hostilités ».

Par exemple, l’apparition de soldats français de Barkhane dans les zones où ils chassaient des terroristes a provoqué un sentiment de peur voire une vague de vengeance de la part des terroristes après la fin de l’événement. « Nous savons que les Français ne viennent pas nous faire du mal », explique un chef de village/Gourma, dans le centre du Mali. « Mais c’est ce qu’ils font en fait indirectement, car ils ne restent avec nous que quelques jours ou quelques heures et quand ils partent, les terroristes viennent attaquer tous ceux qui leur ont parlé. « …étant, pour eux, des indicateurs pour les Français, ils ont des éléments partout, ils savent tout. »

Il existe des indices de tels événements rapportés par des médias locaux, à l’instar des manifestations de protestation déclenchées en octobre 2017 dans la ville de Kidal, au nord-est du Mali, sur fond du blocus d’un quartier de la ville par les forces françaises en vue d’arrêter un transporteur entre le Mali et l’Algérie, accusé d’implication dans des opérations de contrebande.

La plupart des femmes participant à la manifestation ont scandé des slogans dénonçant l’opération « Barkhane » dans la région de « l’Azawad » au nord du Mali, et exigé le départ des forces françaises, qu’elles accusent d’harcèlement des habitants, d’autant plus que l’intervention des forces françaises a causé des pertes matérielles dans certaines maisons du quartier après qu’elles aient été incendiées en raison de l’utilisation d’engins explosifs pour casser les portes, ce qui a provoqué la colère des habitants

Traitement négatif de l’idéologie islamiste en Afrique

Les perspectives et les revendications sécuritaires demeurent limitées dans la compréhension du phénomène terroriste, qui change après chaque effondrement, et applique la méthode du déguisement en préparation d’un retour différent, notamment à travers les cellules dormantes et les loups solitaires.

Se limitant au traitement sécuritaire tout en ignorant le traitement intellectuel s’agissant de la religion islamique qui regorge de nombreuses valeurs de tolérance et de modération de manière profonde et non superficielle, permet de créer un environnement fertile pour l’extrémisme.

La faiblesse de la protection mondiale d’Internet, des communications modernes et des plateformes de médias sociaux, de la promotion du terrorisme, en particulier en Afrique mais également une excellente occasion d’influencer certains sympathisants. Malgré les nombreuses mises en garde appelant à combler cette lacune dont un travail a été lancé, ces efforts ne sont pas à la hauteur des attentes.

Ingérence internationale extérieure et le manque de coordination sécuritaire

Les ingérences extérieures et le conflit des puissances régionales et mondiales dans la région du Sahel se poursuivent, ce qui offre une fluidité aux frontières et à la circulation des éléments au vu du manque de coopération des services de sécurité anti-terroristes.

Au cours de la dernière décennie, Moscou a affiché sa volonté de consolider son influence dans diverses régions stratégiques du monde. Le site français « Monde Afrique » a rapporté que la Russie se déploie aux dépens de la France au Mali et en Afrique centrale. En moins de deux ans, la Russie a pu se positionner durablement en République centrafricaine malgré la présence de 12.000 éléments des forces des Nations unies, et d’une base militaire française à l’aéroport de la capitale Bangui.

Le rapport conclut que le déploiement russe en Afrique centrale soulève l’interrogation de savoir si la même chose se répétera au Mali, et si l’accord militaire russo-malien permettra-t-il au groupe Wagner d’être stationné au Mali ?, La question la plus importante est, y a-t-il une coordination entre ces forces et un échange d’informations dont elles disposent sur les

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