L’infiltration Qatarie à travers les institutions des Frères Musulmans en France

Août 31, 2020 | Les rapports

Le journal français “Le Parisien” a révélé que Paris avait ouvert une enquête concernant des fonds suspects pour un établissement d’enseignement géré par l’une des organisations des Frères musulmans en France, qui reçoit un financement du Qatar, l’Institut européen des sciences humaines (IESH) à Saint-Denis dans la banlieue nord de Paris.

Ce n’est pas la première fois que Qatar est accusé de financer des dossiers suspects pour l’organisation des Frères musulmans en Europe et en France notamment.

Mais ce qui est différent cette fois, c’est que l’Institut européen (IESH) bénéficie d’une reconnaissance académique délivrée par l’Université de Créteil et a des partenariats avec des universités, comme l’Institut catholique de Paris, et l’institut développe un projet de campus ambitieux à Saint-Denis, mais l’idée n’est pas bien apprécié par les autorités françaises.

L’institut a abusé de la confiance de l’Etat français ; Cela a ramené la discussion sur les objectifs du Qatar en France et les menaces posées par la littérature de l’islam politique, et les activités des organisations religieuses, en France, en particulier celles qui bénéficient d’un financement qatari.

Premièrement : les relations du Qatar avec les Frères musulmans en France

Doha accorde une grande attention à la communauté musulmane en France et au groupe des Frères musulmans, qu’elle le considère comme la porte d’entrée pour étendre son contrôle sur la communauté. L’écrivain et analyste politique français Georges Malbrunot, auteur des “Qatar Papers”, a déclaré : “Le Qatar finance de manière suspecte un certain nombre d’institutions en France dans le but de transmettre une idéologie particulièrement de l’islam politique, pour attirer les musulmans après avoir atteint le cœur des sociétés musulmanes et y consolider leurs règles et principes, et y employer les Frères musulmans, profitant de la démocratie et des libertés garanties par les lois, afin de maximiser la valeur de l’État du Qatar en Europe, et d’utiliser les frères musulmans pour influencer leurs alliés et leur extension dans plusieurs pays, en contrôlant les frères de France. ”

Il existe deux catégories des Frères musulmans en France. Concernant la première catégorie, tous les membres des différentes branches des Frères musulmans du Moyen-Orient appartiennent à la première catégorie, qui existe depuis cinq ans, dans divers pays européens, et représente les soi-disant pionniers, et ce groupe a maintenu des liens étroits avec le groupe source Dans le pays d’origine, ils jouent désormais des rôles de haut niveau tels que la collecte de fonds, l’organisation d’événements et la pression sur les gouvernements, dans le but de soutenir leur cause dans leur pays d’origine.

L’autre catégorie des Frères musulmans en France peut être considérée comme le lien entre les Frères musulmans originaux et ses branches européennes. Elle est représentée par un certain nombre d’organisations qui travaillent contre les gouvernements arabes, sous des slogans des droits de l’homme, comme la Fondation de « l’histoire de Rabia ».

Doha avait versé des sommes énormes aux Frères musulmans pour le marketing politique d’un certain nombre de ses politiques dans les sociétés musulmanes, à hauteur de 72 millions d’euros par mois, et leurs 140 projets, afin de mettre en œuvre les projets de Doha dans un certain nombre de pays européens.

Ces dernières années, le Qatar a redoublé ses efforts pour attirer la communauté musulmane des banlieues françaises à travers le ” Fonds suburbain”, annoncé en 2012, et lui a alloué des sommes importantes “pour briser l’isolement” de la jeunesse des banlieues françaises, ce qui a suscité un large débat parmi l’élite française sur la possibilité de les diriger à servir l’émirat qatari.

Il avait auparavant cherché avec l’aide de Malika Benlarbi, un conseiller au cabinet du ministre de l’Intérieur, Brice Hortefeux, et elle avait une relation forte avec l’ambassadeur du Qatar à Paris pour créer une (Union pour la Méditerranée) pour encadrer les musulmans de France en mettant en place un groupement d’organisations islamiques. Elle a notamment réussi à attirer des responsables de l’Union des organisations islamiques françaises, affiliés aux Frères, qui ont déclaré leur indépendance vis-à-vis du groupe, et le ministère français de l’Intérieur les considère comme le maillon principal du Conseil français de la religion islamique.

L’objectif principal de tout cela est de convaincre les musulmans, d’employer les Frères, d’accorder les clés de la démocratie et de la gouvernance au courant salafiste qatari, et de présenter le groupe à l’Occident comme des amis qui peuvent être accompagnés et dignes de confiance.

Deuxièmement : les dangers du projet secret des Frères musulmans qatari en Europe

Le projet des Frères musulmans n’est pas nouveau. Il a été dévoilé en 2001 à travers un document que les autorités suisses ont trouvé au domicile de l’ancien commissaire aux relations internationales des Frères musulmans, Youssef Nada, intitulé (Vers une stratégie globale pour une politique islamique : principes, éléments, exigences procédurales et missions). Il date du 1er décembre 1982 et se compose de 14 pages en arabe, et sa première page commence par le numéro de série 4100400027 comme suit :

« Au nom de Dieu, le plus gracieux, le plus miséricordieux, rapport Q / 5/100/1/12 / 1982AD. Ce rapport présente un développement complet d’une stratégie globale de politique islamique à la lumière de laquelle il est cohérent avec l’élaboration de politique islamique locale dans différents pays. Le point de départ et les exigences procédurales les plus importantes pour chaque point de vue et certaines des tâches proposées, par exemple, mais sans s’y limiter, et toute réussite dépend de Dieu.

Le document décrit le plan du groupe en 3 étapes pour pénétrer la société européenne :

La première étape : ils doivent être « gentils » avec tout le monde, pour rassurer le discours démocratique européen, à travers la tactique d’une toile d’araignée pour répandre leur idéologie en Europe. En effet, à ce stade, ils ont travaillé dur pour créer des associations et des institutions, qui se sont diversifiées et se sont impliquées dans la société jusqu’à ce qu’il devienne difficile de les distinguer . Il ne s’agit pas d’un mouvement hiérarchique formel monolithique, mais plutôt d’un réseau complexe d’institutions, de groupes et d’individus qui a réussi à polariser les élites européennes charismatiques, telles que ; Matteo Kedar, un journaliste bien connu dont l’écriture fait toujours l’éloge de la tendance islamique.

Le Qatar a investi dans cette expansion à travers des tentations financières, et des médiateurs tels que Nabil Al-Nasiri, chef de la communauté musulmane française, qui est un lien qatari parmi les intellectuels musulmans, et le petit-fils de Hassan Al-Banna, Tariq Ramadan, alors que le Qatar l’a promu en tant que penseur modéré et en a fait un invité permanent dans les forums qu’il finance. Le Qatar achète de l’influence, car les investissements et le soutien financier ne sont pas sans conditions.

Il est vrai qu’il existe un « fonds franco-qatari » commun pour calmer la tension liée aux investissements, et il pose certaines conditions aux investissements de Doha, mais en 2016, seuls les investissements qatariens en France ont atteint environ 22 milliards de dollars, et ce sont des sommes importantes, qui ne peuvent être sans acquiescement d’une manière ou d’une autre, ou par contournement des activités de Doha.

La deuxième étape : dans laquelle ils se préparent à défendre leurs idées, selon la maîtrise de l’art du possible d’un point de vue temporaire sans négliger les principes de base, et en appelant à la pratique d’enjoindre le bien et d’interdire le mal en exprimant une opinion documentée dans les données et les livres sans avoir à appeler à une confrontation inégale avec ses adversaires locaux ou ennemis mondiaux qui peut conduire à des coups écrasants au plaidoyer et aux prédicateurs.

Par conséquent, toute étape doit être bien préparée, en établissant : des centres de suivi de, collecte, de stockage et d’utilisation de l’information en cas de besoin, en utilisant des moyens technologiques modernes, en créant des centres d’études et de recherche et en produisant des recherches scientifiques sur des questions politiques dans un cadre islamique.

À Paris, il existe des institutions soutenues par le Qatar, dont la plus importante est l’Institut du monde arabe et l’Association des étudiants musulmans de France, qui organise plusieurs activités culturelles dans les villes françaises, et conclut leurs activités annuelles par un forum international en décembre, consacré à l’étude du patrimoine intellectuel de son fondateur, le Dr Muhammad Hamid Allah. Aussi, l’Institut Européen des Sciences Humaines (IESH) de Saint-Denis dans la banlieue nord de Paris, dirigé par le membre des Frères, le tunisien, Ahmed Jaballah, délivre chaque année environ 1500 étudiants, il a été récemment révélé que cet institut, qui reçoit le soutien du Qatar, a enseigné certains des personnes impliquées dans des actes terroristes en France, comme Reda Ham, qui a été recruté en Syrie pour venir mener une attaque terroriste contre une salle de concert parisienne, et Anis Madani, qui a été condamné à 30 ans de prison au début pour avoir tenté de faire exploser une voiture près de Notre Dame en septembre 2016, et un autre groupe d’étudiants de l’institut partis pour le combat en Syrie.

La troisième étape: la construction continue de la force nécessaire pour le plaidoyer islamique et le soutien aux mouvements djihadistes dans le monde musulman à des degrés divers que possible, et leur utilisation en cas de besoin, et dans un souci de négociation sur l’influence, et l’application de ce facteur armé a été évidente au cours des six dernières années dans l’adhésion des Français à Al-Qaïda et à l’Etat islamique, dont certains Ils ont commis des massacres terroristes à l’intérieur de la France, comme ce fut le cas dans le théâtre “Bataclan”.

À la page 11, le paragraphe «c » du document secret intitulé « Missions suggérées » parlait de l’établissement de ponts de communication avec les mouvements djihadistes du monde islamique et des minorités islamiques, les soutenant à l’intérieur des frontières et autant que possible et coopérant avec eux. Autrement dit, le schéma des activités des Frères en Europe ne s’écartait pas du modèle établi par Hassan al-Banna, qui consiste en (inclusion, adaptabilité, flexibilité et applicabilité).

Troisièmement : faire face au projet de pénétration Qatari

Les ambitions et les cupidités du Qatar et le projet de pénétrer dans la société française ne peuvent être négligés en y pénétrant la communauté musulmane et les Frères musulmans, afin de renforcer son influence et atteindre ses objectifs, de négocier avec les pays européens et de les influencer.

Ce qu’il faut à l’Europe, c’est de s’efforcer de mettre un terme à l’oppression grandissante du Qatar, en changeant sa politique de traitement avec le Qatar au cours des vingt dernières années, d’autant que ce dernier s’estime disposer d’une large marge de manœuvre, dans sa poursuite de la politique du jeu sur les contradictions, enveloppée de propagande politique et les relations cachées, qui le sauveront des sanctions, En pariant sur les intérêts des pays européens avec eux, et en s’abritant avec les États-Unis, avec lesquels ils ont des intérêts commerciaux et militaires proches.

Établir une stratégie européenne commune qui servirait de sonnette d’alerte pour avertir et enquêter le plus rapidement possible sur les tentatives des Frères d’infiltrer tout aspect de la vie à l’intérieur de la France, d’autant plus qu’il existe un objectif caché qui cherche à changer les comportements sociaux des français.

Surveiller les fonds externes et obliger les sociétés religieuses à faire preuve de transparence dans leurs ressources, en particulier celles provenant de l’étranger. Toute association souhaitant bénéficier de subventions des collectivités locales doit s’engager à signer une charte, intégrant le respect des valeurs de la République.

 

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