Les Relations Chine-Afrique : un partenariat ambiguë !

Fév 18, 2021 | économie

Ousmane KEITA – L’institut Pédagogie Universitaire (IPU)

Pendant la période coloniale, la Chine et le continent africain avaient même combat, la lutte contre les puissances impérialistes à travers divers mouvements au sein de la solidarité sud-sud. Cependant, aujourd’hui, la politique étrangère de la Chine en vers l’Afrique a complément changé, en effet, elle a pris une dimension purement économique au cours de cette dernière décennie. De ses relations avec les pays africains et la Chine, Pékin essaie toujours d’accroitre son économie , affirmer sa présence sur la scène internationale et d’obtenir le soutien total du continent africain, notamment dans la question de Taïwan (comme certains pays  africains ont exprimé leur position en faveur de Taïwan). Pour ce faire, la Chine commerce avec le continent à réaliser des projets de développement, infrastructures routières, hospitalières… Ainsi, la chine a su établir des bons rapports diplomatiques avec les pays africains. Nous pouvons dire qu’elle est devenue l’un des concurrents puissant contre les puissances traditionnelles dans le continent. Les pays africains constituent, pour Pékin, des ressources mobilisables dans les arènes internationales, particulièrement au sein de l’ONU.

La vitalité de la présence chinoise en Afrique se manifeste à travers la réalisation des projets d’infrastructures à haute charge symbolique, par exemple le nouveau siège de l’Union Africaine (UA) à Addis-Abeba, offert par la Chine en 2012, en effet, chaque année le sommet Chine-Afrique organise, afin de mettre des plans de coopération en place.

Il est vrai que les relations internationales ont changé des paradigmes, la Chine n’est plus dans les théories classiques de la relation international. Par contre, la Chine Populaire rentre en Afrique avec sa politique de « Gagnant-Gagnant », par laquelle, Pékin tenterait d’imposer sa domination à travers  ses politiques étrangères économiques[1].

Le prolongement des relations entre la Chine et l’Afrique : la route de la soie

La Chine a des liens avec le continent africain depuis les années 1960, période d’accession à l’indépendance de la majorité des pays africains. Au fil des années, de ces liens se sont renouvelés et renforcés. En 2006, un sommet réuni Africains et Chinois sur l’économie.  En plus, un certains nombre d’activités diplomatiques sur le commerce et les investissements étaient menées par la Chine en Afrique.

L’initiative « One belt, one road » connu sous le nom « nouvelle route de la soie » lancé en 2013 s’inscrit dans un objectif qui est à opérationnaliser les anciennes voies économiques pratiquées par Marco polo au 14eme siècle, en s’insérant dans une logique, « pour devenir riche, commence par construire une route ».

La Chine organise avec l’Afrique le forum « China-Afrique coopération », dont la 7eme édition s’est tenue en septembre 2018. Ce cadre constitue le véritable symbole de la diplomatie chinoise, en effet, l’Afrique est devenue le partenaire stratégique incontournable de Pékin. Le Forum a l’objectif d’intégrer les pays africains dans le projet de nouvelle route de la soie.

On constate un flux énorme de toute sorte de provenance de Chine en Afrique. On reproche à la Chine d’exporter de la main-d’œuvre dans des pays où le sous-emploi est déjà considérable[2]. Au-delà des déclarations sur la coopération et la solidarité, la Chine  est dans la logique d’imposer un pacte colonial à l’Afrique.

La présence des migrants chinois en Afrique : quel impact ?

Ces dernières années, la présence chinoise en Afrique suscite des débats. Les immigrants chinois en Afrique sont devenus un objet de discussion politique. Les personnalités politiques s’approprient, en effet, de la question de l’immigration chinoise en Afrique. Lors de la présidentielle de 2006 en Zambie[3], l’opposant Michael Sata, avait crée une plate-forme avec comme objectif de dénoncer la présence chinoise dans le pays. En réponse, la diplomatie chinoise a pris l’engagement de rompre ses relations avec Lusaka, en cas de victoire de Michael Sata.  Outre en Zambie, la question migratoire chinoise devient un sujet politique et électoral au Sénégal et au Nigéria, alors que  la Chine a accentué la mobilité de ces citoyens vers l’Afrique lors du forum sur la coopération sino-africain en 2006[4]. Cet instrument a posé la base d’une vague de migration économique de Chine en Afrique. Dans cette logique, on remarque la présence d’un nombre plus élevé des Chinois en Afrique, alors qu’il n’y a pas  d’Africains en Chine .

Si cette migration chinoise facilite le flux d’échanges commerciaux des africains, elle a des impacts négatifs sur les pays africains. L’un des problèmes majeurs est l’arrivée des main-d ‘œuvres chinoise dans les marchés d’emplois des pays africains. Cette situation peut accentuer le  chômage en Afrique auquel la Chine lutte indirectement à travers sa politique extérieure qui le lie avec l’Afrique.

La Chine a donc des défis réels à relever sur le continent. Elle doit changer sa politique de non-interférence dans les affaires intérieures et s’investir dans les problèmes sécuritaires du continent. Elle doit aussi contrôler le flux de ces citoyens vers l’Afrique, en mettant le système d’enregistrement. Certains migrants chinois mènent des activités illicites (trafics de drogues ou d’ivoire, prostitution, exploitation illégale de l’or), en préférant de rester loin des représentations officielles de leur pays.

En conclusion : la Chine est un vieux partenaire de l’Afrique, deux alliés qui se sont battus ensemble depuis la période du mouvement de non-aligné. Si la Chine était considérée comme leader principal de la lutte dans la zone asiatique, il faut reconnaitre que les relations ont évolué avec le multilatéralisme, dont la Chine devient un pole émergent du système. Elle n’a plus la même politique étrangère avec l’Afrique qu’auparavant. Si au début du XIX siècle, elle luttait au coté de l’Afrique contre les puissances impérialistes, aujourd’hui, sa position est de concurrencer l’occident dans le partenariat avec l’Afrique.

[1] https://www.france24.com/fr/20180903-sommet-chine-afrique-partenariat-gagnant-gagnant-dette-investissements-prets

[2] https://www.cairn.info/revue-afrique-contemporaine-2008-4-page-35.htm

[3] https://www.lemonde.fr/afrique/article/2014/10/29/le-president-zambien-michael-sata-est-mort_4514085_3212.html

[4] http://bj.china-embassy.org/fra/zxxx/t260104.htm

 

 

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