Le mouvement des Frères Musulmans continue d’étendre son influence dans la société européenne à travers diverses stratégies, comprenant la création de mosquées et de centres culturels, ainsi que la participation à des activités sociales et éducatives.
Le groupe mise sur l’établissement de réseaux complexes d’associations et d’institutions qui renforcent son agenda idéologique, tout en exploitant le climat de liberté religieuse et politique en Europe pour influencer les communautés musulmanes et participer à la vie publique.
Ces actions suscitent l’inquiétude des autorités européennes, qui cherchent à contrer l’influence croissante des Frères Musulmans, par crainte de leur impact sur la cohésion sociale et la sécurité du continent.
Présence historique et structurelle
Les membres des Frères Musulmans sont présents en Europe depuis les années 1950. Au fil du temps, leur influence s’est accrue de manière significative. Dans chaque pays européen où ils sont actifs, le groupe a structuré un réseau dense composé d’ONG, de mosquées, d’écoles, de groupes de pression et d’autres entités influentes. En France, leur nombre est passé de 50 000 à près de 100 000 membres entre 2019 et 2024, selon les services de renseignement.
Stratégie d’islamisation culturelle
Les autorités françaises évoquent une stratégie d’« islamisation culturelle », visible dans l’augmentation des symboles religieux dans l’espace public, les revendications religieuses sur les lieux de travail, et la croissance du marché halal. Cette pénétration idéologique influence aussi le débat politique et la formulation des politiques publiques.
Situation par pays
🇩🇪 Allemagne :
Entre 1 000 et 1 450 personnes sont liées aux Frères Musulmans, principalement en Rhénanie-du-Nord-Westphalie, à Berlin, en Bavière et au Bade-Wurtemberg. Les autorités surveillent activement leurs réseaux culturels, religieux et éducatifs.
🇬🇧 Royaume-Uni :
Le groupe bénéficie d’un réseau d’environ 60 organisations. Leur fortune est estimée entre 8 et 10 milliards de dollars. Ils disposent d’une influence notable sur la scène politique et juridique. En mars 2024, le gouvernement britannique les a ajoutés à la liste des entités extrémistes, en raison de liens directs avec le Hamas.
🇳🇱 Pays-Bas :
Les Frères Musulmans domineraient environ 60 % des 453 mosquées du pays. Ils ont transformé le climat démocratique en un refuge pour l’expansion de leur projet via des associations culturelles et caritatives.
🇧🇪 Belgique :
La Belgique héberge des organes clés comme le FEMYSO, l’EFOMW et l’EMN. Environ 40 associations liées aux Frères ont été identifiées. En 2022, le gouvernement a entamé des démarches pour retirer la reconnaissance de l’organe représentatif de l’islam, stoppant ainsi 600 000 euros de subventions.
France : un réseau structuré et une influence multiple
Un rapport dévoilé en mai 2025 par le ministre de l’Intérieur Bruno Retière montre que les Frères ciblent quatre domaines : les lieux de culte (139 mosquées affiliées), l’éducation (21 écoles, dont 5 sous contrat avec l’État), les médias numériques et la société civile locale. Le lycée Ibn Rushd à Lille a été cité pour financement suspect. Le rapport identifie aussi 815 écoles coraniques regroupant 66 000 mineurs, dont un tiers serait lié à des groupes fondamentalistes.
Alerte sécuritaire paneuropéenne
Un rapport du programme sur l’extrémisme de l’Université George Washington, basé sur les déclarations cohérentes des services de sécurité européens depuis 20 ans, confirme :
• Un vaste réseau lié aux Frères Musulmans opère secrètement à l’échelle européenne.
• Ces réseaux utilisent des organisations de façade pour promouvoir leur agenda.
• Bien qu’ils ne participent pas au terrorisme, leurs objectifs sont jugés antidémocratiques, subversifs et incompatibles avec les droits humains.
• Les responsables européens sont unanimes sur la dangerosité idéologique du mouvement.
Réactions et politiques européennes
🇦🇹 Autriche :
Premier pays à interdire officiellement les Frères Musulmans (loi antiterroriste de 2021). Création d’un centre de documentation sur l’islam politique. En 2025, le gouvernement a renforcé le rôle de la cellule de surveillance.
🇩🇪 Allemagne :
En janvier 2025, un projet de loi présenté par l’AfD vise à interdire les organisations islamiques extrémistes, y compris les Frères Musulmans, tout en respectant l’État de droit.
🇫🇷 France :
Paris a cessé de reconnaître le Conseil Islamique de France en 2022. En 2023, Macron a lancé le Forum de l’Islam en France. Les autorités ont mené une campagne de démantèlement financier et juridique : enquête sur 20 fonds, refus de renouvellement de titres de séjour à des figures clés comme Ahmed Jabballah, Hassan Iquioussen et Ahmed Wargami.
🇧🇪 Belgique :
Procédures de retrait de reconnaissance de l’Autorité exécutive des musulmans de Belgique. Enquête parlementaire ouverte sur la présence des Frères.
🇬🇧 Royaume-Uni :
Renforcement de la stratégie antiterroriste avec la nouvelle mouture de la doctrine “Contest” en 2023. Application stricte de lois contre l’extrémisme et surveillance accrue des flux financiers liés aux Frères Musulmans.

