La mort du chef terroriste de Boko Haram

Juin 9, 2021 | Anti terrorisme, Les rapports

Le chef de Boko Haram, Abubakar Shekau, s’est suicidé lors de combats contre le groupe jihadiste rival de l’État islamique en Afrique de l’Ouest (Iswap), a affirmé celui-ci dans un enregistrement audio publié deux semaines après de premières informations faisant état de sa mort.
«Shekau a préféré l’humiliation dans l’au-delà à l’humiliation sur Terre. Il s’est donné la mort en déclenchant un explosif», déclare en langue kanuri une voix semblant être celle du chef de l’Iswap, Abu Musab Al-Barnawi, dans cet enregistrement remis à l’AFP par une source relayant habituellement les messages du groupe.

Boko Haram ne s’est pas exprimé sur la mort annoncée de son chef, et l’armée nigériane dit enquêter.

Dans son enregistrement, Iswap décrit comment ses troupes, envoyées dans l’enclave de Boko Haram, dans la forêt de Sambisa, ont découvert Shekau assis dans sa maison et ont engagé le combat.
«Il a battu en retraite et s’est échappé, errant à travers la brousse pendant cinq jours. Néanmoins, les combattants [de l’Iswap] ont continué à le chercher et à le traquer jusqu’à ce qu’ils soient capables de le localiser», raconte la voix.
Après l’avoir débusqué dans la brousse, les combattants d’Iswap l’ont sommé, lui et ses partisans, de se repentir, mais Shekau a refusé et s’est donné la mort, poursuit-elle.
L’Iswap, reconnu par l’État islamique, est né en 2016 d’une scission avec Boko Haram, auquel il reproche notamment des meurtres de civils musulmans. Après être monté en puissance, il est désormais le groupe jihadiste dominant dans le nord-est du Nigeria, multipliant les attaques d’ampleur contre l’armée nigériane.
«Nous sommes tellement heureux», souligne la voix, ajoutant que Shekau est «quelqu’un qui s’est rendu coupable d’un terrorisme et d’atrocités inimaginables».
«Peut-être pas fini»
Cette montée en puissance du groupe, qui semble désormais sur le point d’absorber les combattants de Boko Haram et de prendre possession de ses anciens territoires inquiète les analystes, car elle signifie que l’Iswap dispose désormais d’une plus grande zone sous son contrôle, mais aussi de plus de combattants et d’armes à disposition.
Les hostilités entre Boko Haram et Iswap profitaient également à l’armée nigériane

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