Daesh en Afrique : pourquoi la menace résiste-t-elle aux offensives militaires ?

Août 28, 2026 | Afrique, Les rapports, politique

Longtemps considérée comme le prolongement périphérique du jihadisme au Moyen-Orient, l’Afrique est devenue l’un des principaux espaces d’activité de Daesh.

Malgré les opérations militaires menées contre ses différentes branches, l’organisation et ses affiliés démontrent une capacité persistante à se disperser, recruter et exploiter les faiblesses des États.

Le phénomène dépasse désormais un seul foyer. Au Sahel et dans le bassin du lac Tchad, les groupes affiliés à Daesh évoluent dans des territoires où les frontières sont difficiles à contrôler et où l’autorité de l’État reste parfois limitée.

En août, les Nations unies ont particulièrement alerté sur la situation en Afrique, soulignant la capacité des branches de Daesh à s’adapter à la pression antiterroriste. L’organisation État islamique en Afrique de l’Ouest demeure notamment l’une de ses franchises les plus actives.

La menace se manifeste également plus au sud. Dans l’est de la République démocratique du Congo, les Forces démocratiques alliées, liées à Daesh, continuent de frapper les populations civiles. Une attaque récente dans la région de Mambasa a encore fait au moins treize morts.

Au Mozambique, la situation révèle une autre évolution inquiétante. Dans la province de Cabo Delgado, l’insurrection affiliée à Daesh résiste depuis plusieurs années aux opérations des forces mozambicaines et de leurs partenaires. Les violences ont gagné des zones auparavant relativement épargnées, tandis que les déplacements de population se poursuivent. Cette région possède également une importance économique considérable en raison de ses ressources gazières.

Ces différents théâtres ne constituent toutefois pas un front africain homogène. Chaque branche s’appuie d’abord sur des crises locales : pauvreté, marginalisation de certaines régions, rivalités communautaires, économie clandestine, faiblesse administrative ou absence de services publics.

C’est précisément ce qui explique en partie la résilience de Daesh. Une réponse exclusivement militaire peut éliminer des combattants sans supprimer les conditions permettant leur remplacement.

Le défi sécuritaire africain dépasse donc la lutte antiterroriste classique. La véritable bataille consiste à empêcher Daesh de transformer les périphéries abandonnées des États en territoires de recrutement, de financement et d’influence.

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