Les dernières projections démographiques d’Eurostat montrent que l’Union européenne devrait entrer dans une phase durable de déclin démographique au cours du XXIᵉ siècle. Après une légère hausse de la population jusqu’à la fin des années 2020, la tendance devrait s’inverser sous l’effet combiné d’une faible fécondité, du vieillissement de la population et de l’évolution des flux migratoires.
Une population en recul d’ici la fin du siècle
Selon les projections publiées par Eurostat en avril 2026, la population de l’Union européenne passerait de 451,8 millions d’habitants en 2025 à un maximum de 453,3 millions en 2029, avant de diminuer progressivement pour atteindre 398,8 millions d’habitants en 2100. Cela représente une baisse de 53 millions de personnes, soit -11,7 % par rapport à 2025.
Ces nouvelles estimations sont plus pessimistes que les projections publiées auparavant, qui envisageaient environ 419 millions d’habitants à la fin du siècle. Cette révision s’explique principalement par une baisse de la fécondité plus rapide que prévu.

Des évolutions très contrastées selon les pays
Le déclin démographique ne touchera pas tous les États membres de la même manière.
Les projections indiquent que certains pays continueront à gagner des habitants grâce notamment à l’immigration et à une démographie plus dynamique, tandis que d’autres connaîtront une forte contraction de leur population.
Parmi les pays susceptibles d’enregistrer une croissance figurent notamment :
* le Luxembourg ;
* Malte ;
* l’Irlande ;
* la Suède.
À l’inverse, plusieurs pays d’Europe centrale et orientale ainsi que du sud de l’Europe devraient connaître les plus fortes diminutions, notamment :
* la Lituanie ;
* la Lettonie ;
* la Pologne ;
* l’Italie.
Un vieillissement accéléré
L’une des principales caractéristiques de cette évolution est le vieillissement rapide de la population européenne.
Entre 2025 et 2100 :
* la part des 0-19 ans passerait de 20 % à 17 % ;
* la population en âge de travailler (20-64 ans) diminuerait de 58 % à 50 % ;
* les personnes âgées de 80 ans et plus représenteraient 16 % de la population contre 6 % aujourd’hui.
Cette évolution devrait accroître les dépenses liées aux retraites et aux systèmes de santé tout en accentuant les pénuries de main-d’œuvre dans plusieurs secteurs économiques.
Le rôle déterminant de l’immigration
Eurostat souligne que l’immigration demeure un facteur essentiel du maintien de la population européenne.
Dans un scénario théorique où le solde migratoire serait nul à partir de 2026, la population de l’Union européenne tomberait à environ 269 millions d’habitants en 2100, soit une baisse de plus de 40 % par rapport à 2025. Aucun État membre n’échapperait alors au déclin démographique.
Conclusion
Les projections d’Eurostat montrent que le principal défi démographique de l’Union européenne au XXIᵉ siècle sera moins la baisse du nombre total d’habitants que la transformation de sa structure par âge. Le recul durable de la natalité, conjugué à l’allongement de l’espérance de vie, devrait entraîner une diminution de la population active et une hausse du nombre de personnes âgées, faisant de l’immigration un levier majeur pour limiter l’ampleur du déclin démographique.

