Au Sri Lanka, la situation des musulmans ne cesse de se dégrader

Juin 30, 2019 | Anti terrorisme, Études, Événements, France, Groupes extrémistes, L'extrême droite, Les rapports, Les versions, Migration, UE

Les attentats djihadistes au Sri Lanka, qui ont fait 253 morts le 21 avril, ont ébranlé un équilibre intercommunautaire déjà fragilisé depuis quelques années par des heurts entre bouddhistes et musulmans. La démission de l’ensemble des ministres musulmans du gouvernement et de deux gouverneurs de province, lundi 3 juin, à la suite d’accusations d’un moine bouddhiste les soupçonnant de collusion avec certains des auteurs sri-lankais des attentats, montre à quel point la situation ne cesse de se dégrader.

A la mi-mai, des émeutiers chrétiens et bouddhistes avaient attaqué des musulmans dans des districts du nord-ouest de l’île, faisant un mort. La tension reste vive dans toutes les zones de peuplement musulman, où les disciples du Prophète forment une minorité de 10 %, très active dans le domaine du commerce. Ce qui leur vaut depuis des lustres la jalousie de certains, notamment parmi les Cinghalais bouddhistes (70 % de la population). Aujourd’hui, toute la communauté musulmane se sent menacée par l’ambiance délétère régnant depuis les attentats : en démissionnant, les ministres ont dit que les musulmans vivaient depuis ces derniers jours « dans la terreur » et craignaient un « bain de sang ».

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Cette démission en bloc des ministres à la suite des accusations proférées par un moine, parlementaire affilié à un parti nationaliste, a ému intellectuels et partisans d’un Sri Lanka multiconfessionnel, attachés au caractère ethniquement et religieusement pluriel de l’île. Le moine en question a obtenu gain de cause après avoir menacé de jeûner jusqu’à ce que mort s’en suive.

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