Lecture synthétique du rapport de l’ONU (décembre 2025)
Le rapport du Conseil de sécurité de l’ONU (S/2025/796) dresse le portrait d’un régime taliban solidement installé, mais structurellement fragile et internationalement isolé. Le pouvoir est entièrement concentré autour de Hibatullah Akhundzada, qui gouverne depuis Kandahar selon un modèle théocratique rigide, sans recherche de légitimité populaire.
La stabilité interne relative observée repose principalement sur la répression. Elle bénéficie de manière inégale à la population, au détriment des femmes, des filles et des minorités, largement exclues de l’éducation, de l’emploi et de la vie publique. Les restrictions systématiques des droits humains ont conduit la Cour pénale internationale à émettre des mandats d’arrêt contre les plus hauts responsables du régime pour crimes contre l’humanité.
Sur le plan sécuritaire, le déni taliban concernant la présence de groupes terroristes est jugé non crédible. Daech-Khorasan (ISIL-K) demeure la principale menace, avec environ 2 000 combattants, une capacité de recrutement transnationale et l’endoctrinement de mineurs. Le groupe conserve l’intention et les moyens de mener des attaques régionales et internationales.
La menace la plus immédiate pour la stabilité régionale reste Tehrik-e Taliban Pakistan (TTP). Depuis le territoire afghan, le TTP a mené plus de 600 attaques en 2025 contre le Pakistan, provoquant frappes transfrontalières et tensions militaires. Les Taliban continuent de lui offrir un espace opérationnel, malgré les risques d’escalade.
Économiquement, l’Afghanistan demeure au bord de l’asphyxie : chômage massif, pauvreté généralisée et dépendance critique à une aide internationale en recul. Le retour forcé de plus de 4,5 millions d’Afghans et les catastrophes naturelles aggravent la crise sociale. Si l’interdiction du pavot a réduit la production d’opium de plus de 95 %, elle a aussi appauvri les zones rurales et favorisé l’essor des drogues synthétiques.
Conclusion : le régime taliban apparaît durable à court terme, mais repose sur un équilibre coercitif instable, incapable de rompre avec le terrorisme, économiquement vulnérable et porteur de risques sécuritaires régionaux persistants.

